Écrit par dans Communications CTREQ

Écrire un commentaire

Les 26 et 27 avril derniers avait lieu le 3e Colloque sur la réussite éducative – Partageons nos savoirs du Centre de transfert pour la réussite éducative du Québec (CTREQ) à l’Université Laval. À l’occasion de cet événement, un Espace transfert a été organisé par l’organisme et a donné la possibilité d’aller encore plus loin relativement au transfert de connaissances dans le monde de l’éducation.

Cet espace fait suite à la consultation ciblée sur le transfert de connaissances issues de la recherche (CIR) en éducation de 2010 et au 1er Symposium MELS-ADEREQ sur le transfert des connaissances en éducation de 2011, qui ont permis de constater d’importantes avancées en termes de transfert. Tables rondes, conférences et ateliers de l’Espace transfert ont donné la possibilité de recenser plusieurs points importants. Les conférenciers de l’Espace transfert, soit Renée Pinard, conseillère en innovation et transfert de connaissances au CTREQ, Valérie Saysset, alors directrice par intérim de la Direction de la recherche et de l’évaluation de programme du ministère de l’Éducation, du Loisir et du Sport (MELS)[1], Stéphane Allaire, directeur du Consortium régional de recherche en éducation (CRRE), Lyse Dufour, conseillère pédagogique de la Commission scolaire du Pays-des-Bleuets, et Caroline Tessier, conseillère scientifique à l’Institut national de la santé publique (INRS) du Québec, ont soulevé plusieurs points innovants en transfert de connaissances. Le rôle des acteurs, l’accès aux connaissances, la pertinence des moyens, les organisations apprenantes, l’accompagnement, le développement professionnel et les mécanismes de réseautage et de concertation ont été les principaux thèmes abordés. Cet espace au colloque du CTREQ a ainsi témoigné des progrès effectués et de l’évolution constante du transfert en éducation.

Cette activité était animée par Christian Dagenais, professeur agrégé au département de psychologie de l’Université de Montréal. M. Dagenais dirige aussi une équipe de recherche sur le transfert de connaissances, laquelle  se préoccupe particulièrement des stratégies et des retombées du transfert.

Consultation ciblée : une conjoncture favorable

La consultation ciblée sur le transfert de CIR en éducation réalisée par le CTREQ pour le MELS, a été effectuée auprès de 39 organisations francophones et anglophones. De nombreux constats positifs sont ressortis de cette consultation, comme la prise en considération de nouvelles préoccupations et le développement d’une culture du transfert dans l’ensemble du système éducatif. Renée Pinard a fait état de ces résultats durant l’Espace transfert. La présentation des résultats a éclairé les actions menées jusqu’alors en transfert de connaissances et a permis de faire connaître les mécanismes de concertation existants entre les milieux de la recherche et de la pratique. La consultation ciblée a aussi entraîné l’identification de pistes d’action faisant l’objet d’un fort consensus chez les participants, soit :

- l’intention de joindre de façon plus marquée certains publics et objets de transfert;

- la mise en place de mécanismes de concertation plus structurés et formels;

- l’assurance d’un soutien financier aux organismes dédiés au transfert                     de connaissance;

- une meilleure documentation quant aux retombées des activités de transfert.

Symposium : le développement de la culture du transfert

Des retombées positives ont découlé de la consultation ciblée, entre autres, la volonté de tenir le 1er Symposium MELS-ADEREQ. Lors de l’Espace transfert, Valérie Saysset a présenté les résultats du symposium en mobilisation des CIR en éducation. On constate qu’il y a une réelle volonté et un engagement des acteurs à favoriser la concertation entre les différents réseaux de l’éducation dans le but d’instaurer des actions intégrées. Les expériences de transfert et de mobilisation présentées lors de l’Espace transfert ont traduit une grande richesse du savoir-faire et de l’expertise qui peut se développer grâce aux différents acteurs.

Espace Transfert : quelques éléments de synthèse

Les bienfaits de la recherche participative

Le conférencier Stéphane Allaire a exposé sur les bienfaits de la recherche participative en tant que formule de transfert de connaissances en éducation. Il a indiqué que la reconnaissance de la légitimité du changement de la part des personnes concernées et l’appui administratif sont les deux éléments reconnus comme étant importants pour favoriser le changement de pratique. La recherche participative engendre plusieurs retombées positives. En effet, elle favorise le rapprochement entre les chercheurs et les praticiens de l’éducation ainsi que la collaboration entre les enseignants. Elle a également permis la réalisation d’un bon nombre de projets depuis la création de la CRRE.

Les conditions favorables à la réalisation d’un projet

Lyse Dufour a répertorié une multitude de conditions favorables à la mise en œuvre d’un projet de transfert. Ainsi, pour accroître les avancées en matière de transfert, des questionnements sur la situation actuelle, les préoccupations et les besoins des milieux participants s’avèrent essentiels. La collaboration, la réflexion sur les pratiques existantes, l’apport d’idées nouvelles, les liens avec la recherche et l’accompagnement sont gages de bons résultats. 

Les mécanismes essentiels pour soutenir l’adaptation des pratiques

Caroline Tessier a traité des approches proposées au milieu scolaire, de l’influence exercée sur les leviers politiques qui permet la transformation des pratiques en contexte scolaire ainsi que des moyens de démontrer l’efficacité des actions offertes à l’école. De plus, Mme Tessier a présenté les conditions requises au renforcement des capacités d’absorption des écoles en promotion de la santé et en prévention, comme l’expérience du déploiement de l’approche École en santé au Québec. Cette approche n’a pas seulement été bénéfique pour le transfert des CIR, mais a également évolué dynamiquement en termes de facteurs politiques, économiques et organisationnels. Il y a donc un changement continuel dans les mécanismes de gouvernance et dans les conditions de collaboration entre les secteurs gouvernementaux responsables du déploiement d’une approche comme celle-ci.

Les grands thèmes de discussion

Plusieurs aspects prometteurs ont été soulevés par les différents invités lors de l’Espace transfert. Aujourd’hui, on constate qu’il y a une reconnaissance du leadership pédagogique, de la qualité de la relation entre les personnes impliquées, de la recherche-action, des démarches réflexive et de co-développement, ainsi que des mécanismes de repérage et de diffusion de l’information. On définit ces aspects comme étant nécessaires au transfert des connaissances et au développement professionnel. L’accès aux connaissances demeure fondamental et cela nécessite un investissement dans les recherches pratiques. De plus, il demeure pertinent de poursuivre la définition des rôles de chacun des acteurs pour assurer le transfert de connaissances et la concertation en éducation. Il est essentiel que le milieu soit partie prenante du repérage des moyens et de toutes les étapes du transfert afin de garantir la pérennité du changement. Pour établir le lien entre le terrain et la recherche, un intermédiaire chargé de transmettre des connaissances, appelé « courtier » des connaissances, s’avère nécessaire. Aussi, l’idée que les milieux de pratique deviennent des organisations apprenantes a été avancée afin d’assurer un transfert de connaissances durable. Il faut renforcer l’expertise du milieu, mettre l’accent sur la pratique réflexive et instaurer des communautés d’apprentissage professionnel (CAP) pour favoriser une co-construction des savoirs. Enfin, tous ces résultats permettent d’être optimistes envers le transfert des CIR, qui se trouve à être une science que l’on connaît de mieux en mieux en éducation.

Le grand témoin

Peter Levesque, président de la Knowledge Mobilization Works, occupait le rôle de grand témoin lors de l’Espace transfert. Il a constaté que les mêmes questions reviennent de plus en plus souvent en transfert. Déjà, le fait de se les poser constitue une avancée. Aujourd’hui, nous bénéficions d’un accès direct, mais non conceptuel, aux savoirs. D’ailleurs, il y a une abondance de savoirs et une grande quantité de besoins pour le temps dont on dispose. Réviser les stratégies de transfert utilisées et instaurer des mécanismes de réseautage s’inscrivent comme étant une nécessité. Ultimement, le transfert de connaissances servirait à améliorer la disposition des individus à vivre ensemble et à construire le monde dans lequel ils cohabitent.

L’Espace transfert du 3e Colloque sur la réussite éducative du CTREQ a ainsi suscité de nombreuses discussions concernant les conditions gagnantes à adopter en vue de favoriser le transfert des connaissances. La réflexion fut menée encore plus loin et des idées concrètes ont été présentées. Les participants ont d’ailleurs exprimé un haut taux de satisfaction concernant la qualité des contenus et l’intérêt des échanges entretenus. On remarque d’ailleurs qu’au Québec, de nombreuses activités de transfert ou de mobilisation des connaissances sont de plus en plus visibles. La poursuite des avancées en transfert et son évolution seront notamment observables lors d’un 2e Symposium, dont la réalisation sera assurée par un comité de concertation animé par le CTREQ.



[1] Depuis juin 2012, Mme Saysset occupe le poste de Directrice de la recherche au Secteur de l’enseignement supérieur et de la recherche du MELS.